LE CLOS DE LA GARENNE
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Un monument historique en Aunis Marais Poitevin

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Grâce-Dieu

Aujourd'hui, je vais vous relater l'histoire d'une demeure inscrite aux Monuments Historiques, à une dizaine de kilomètres du Clos de la Garenne, en lisière de la forêt de Benon : l’Abbaye de la Grâce-Dieu.

Sa fondation est liée au schisme d'Anaclet : deux papes rivaux, Anaclet II et Innocent II, s'affrontent au XIIème siècle. St Bernard de Clairvaux, grande figure Cistercienne de l'époque, prend le parti d'Innocent II. Guillaume X, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, père d'Aliénor d'Aquitaine, prend celui d'Anaclet II. Lors d'une rencontre en Poitou en 1135, St Bernard présente l'hostie à Guillaume X qui, touché par la grâce, se convertit et décide de fonder, sur ses terres de Benon, une abbaye Cistercienne qu'il place sous la protection de la Vierge Marie, Notre Dame de la Grâce de Dieu

La règle Cistercienne de silence, de dépouillement et de simplicité, propices à la prière, commande l'architecture des bâtiments et la vie des moines. Durant plusieurs siècles, ils œuvreront de multiples manières : grands travaux d'assèchement du Golfe des Pictons (futur Marais Poitevin), hébergement pour les lépreux, soutien du courant d'émigration à l'origine de l'Acadie... 

Mais les guerres de religion apportent leur lot de destructions et les bâtiments se délabrent. L'église est pourtant reconstruite à partir de 1734 ainsi que les pavillons à la Mansart. Vient alors la Révolution Française et l'abbaye est vendue comme bien national le 25 février 1791.

Jusqu'au milieu du XIXème siècle, un pèlerinage local a lieu à l'Assomption vers la fontaine miraculeuse de la Grâce-Dieu, à l'est du bois. Un chroniqueur de l'époque rapporte que St Bernard avait envoyé son domestique, malade, s'y laver et qu'il en fut guéri, ainsi que plusieurs personnes infirmes par la suite. Georges Musset évoque lui aussi la légende en 1898.

Le 7 décembre1893, Louis Godet rachète l'abbaye qui n'a plus ni église ni cloître mais toujours son remarquable pigeonnier ou fuye. Quelques vestiges de l'église sont éparpillés : la statue de Notre Dame de la Grâce-Dieu est aujourd'hui conservée en l'église de Benon ainsi que le piédestal d'une croix ornée de rinceaux qui sert de bénitier ; le grand autel est transporté à Niort. Les cloches émigrent vers le musée de Niort et le clocher de Ste Pezenne.

Le XXème siècle qui s'ouvre alors est marqué par un lien familial entre Grâce-Dieu et la Garenne (autrement dit notre maison). En effet, Marie-Thérèse Maubaillarcq, devenue veuve en 1889 de Louis-Alexandre Rouvier (arrière arrière petit fils d'Audry de Puyraveau), épouse en secondes noces Louis Godet. Plus tard, leur fille, Marie-Thérèse Godet, épouse le Sieur de La Motte de La Motte-Rouge. Leurs descendants actuels sont les La Motte-Rouge et leurs cousins les Villeneuve ; le lien familial entre les deux domaines avait ainsi perduré pendant toute l'époque des Brumauld des Houlières, propriétaires de la Garenne à Puyravault et de ses nombreuses dépendances jusqu'en 1974.

En ce début du XXIème siècle, les familles La Motte-Rouge et Villeneuve sont propriétaires en indivision de Grâce-Dieu. Le logis abbatial est aménagé en vaste location saisonnière pouvant héberger 19 personnes tandis que les dépendances permettent depuis peu d'accueillir réunionsséminairesmariages et autres réceptions dans un cadre historique exceptionnel.

Si vous avez la chance de vous y rendre, prêtez l'oreille sous les voûtes : peut-être entendrez-vous l'écho des voix perdues au fond des âges ? Puis dans le silence retrouvé, méditez la parole de St Bernard : "Tu désires voir, écoute d'abord, l'audition est degré vers la vision."


Sources : Châteaux, manoirs et logis, La Charente-Maritime, Editions patrimoines & médias 1993 - http://www.gracedieu.net/historique/ - Olivier de Villeneuve - Recherches de Jany Grassiot de Puyravault - http://www.histoirepassion.eu/